La Bibliothèque grise



Participation à l’ex­po­si­tion « L’art d’ap­prendre. Une école des créa­teurs », Centre Pompidou Metz, du 5 février au 29 août 2022, com­mis­sa­riat : Hélène Meisel.

Cette expo­si­tion aborde les liens entre art et péda­go­gie, depuis l’école d’art jus­qu’aux nom­breux et divers appren­tis­sages de cha­cun et cha­cune tout au long de sa vie. La biblio­thèque de tra­vail qui nour­rit l’en­semble des pro­jets de La Bibliothèque grise y est mise à dis­po­si­tion avec un ensemble d’é­di­tions conçues depuis 2015 en réso­nance avec ces ressources.

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L’exposition « L’art d’ap­prendre. Une école des créa­teurs » aborde la ques­tion de la péda­go­gie depuis l’école d’art, pour ensuite bas­cu­ler dans le grand bain des appren­tis­sages que chacun‧e mène tout au long de sa vie. Dans un pre­mier temps, il s’agit donc d’observer com­ment les artistes apprennent à faire de l’art, et com­ment cet appren­tis­sage, qu’il soit accom­pa­gné ou auto­di­dacte, devient par­fois une forme d’art à part entière, ain­si qu’une amorce de réflexion sur l’éducation en géné­ral. Point de départ de l’exposition, la géné­ra­tion de Mai 68, nour­rie par les lec­tures de Célestin Freinet, d’Alexander Sutherland Neill (Libres enfants de Summerhill, 1960), d’Ivan Illich (Une socié­té sans école, 1970) ou de Paulo Freire (Pédagogie des oppri­més, 1970), pense la for­ma­tion d’abord en termes de libé­ra­tion et de déconditionnement.

Dans son livre col­la­bo­ra­tif Enseigner et apprendre. Arts vivants, éla­bo­ré entre 1967 et 1970, l’artiste Fluxus Robert Filliou affirme qu’enseigner et apprendre sont des formes de per­for­mance artis­tique à part entière. Depuis le champ de l’art, s’élaborent ain­si des péda­go­gies anti­aca­dé­miques pla­cées sous le signe de la créa­ti­vi­té : per­for­ma­tives et par­ti­ci­pa­tives, elles se risquent à « apprendre en fai­sant » ; indis­ci­pli­nées, elles cultivent, contre les hié­rar­chies, le jeu et l’interdisciplinarité ; coopé­ra­tives, elles mobi­lisent des pra­tiques rela­tion­nelles et « trans­for­ma­tion­nelles » ; nomades et cri­tiques, elles pra­tiquent un art de re-cherche et de l’enquête ouvert au hasard et à l’improvisation.

Si, après la Seconde Guerre mon­diale, l’éducation découvre l’enseignement de masse, l’expansion de nou­velles tech­no­lo­gies et la glo­ba­li­sa­tion d’une socié­té post-indus­trielle, elle garde en mémoire les prin­cipes paci­fistes, anar­chistes et holis­tiques for­mu­lés au début du XXe siècle. De ces fer­tiles années 1960–70 émergent des muta­tions cog­ni­tives, lin­guis­tiques, média­tiques et éco­lo­giques, qu’intensifient les tran­si­tions actuelles. Le « tour­nant édu­ca­tif » de l’art décrit dans les années 2010, aide à réca­pi­tu­ler ces influences réci­proques, liant les péda­go­gies alter­na­tives, radi­cales et liber­taires aux pra­tiques artis­tiques et cultu­relles contemporaines.

Des hap­pe­nings Fluxus aux expé­riences de conscien­ti­sa­tion fémi­nistes, des hyper­gra­phies let­tristes aux navi­ga­tions hyper­liens, de la radio­té­lé­vi­sion sco­laire à l’université vidéo rêvée par Nam June Paik, de l’enseignement mutuel aux auto-construc­tions de l’anti-design ita­lien, des jar­dins d’enfants aux ate­liers de per­ma­cul­ture, « L’art d’apprendre » par­court de mul­tiples modèles d’apprentissage, par­fois acti­vés au sein d’installations pra­ti­cables, et offre aux visi­teurs un espace de plus de 120 m² amé­na­gé par le stu­dio de desi­gn sma­rin, pour accueillir divers groupes d’usagers, for­ma­tions expé­ri­men­tales, sco­laires et extrascolaires.

IAC — Institut d’art contem­po­rain, Villeurbanne/Rhône-Alpes

Deux œuvres créées lors de la récente expo­si­tion « La Bibliothèque grise, ch. 4 : Objets Parlants », à La Ferme du Buisson (mai-sep­tembre 2021) entrent dans la col­lec­tion de l’IAC :
• Pleurotus cor­nu­co­piae, piliers fac­tices per­cés, pein­ture murale, sub­strat de pleu­rotes, dimen­sions variables.
Couteau-bâton de marche, cou­teau à double lame en acier, mon­té sur un bâton de marche pliable, en col­la­bo­ra­tion avec le cou­te­lier Glenn Guillou, 160 × 2,2 × 3,5 cm.