La Bibliothèque grise



 


Contre-champs
Contre-champs, de la terre aux can­tines,
21 entre­tiens et un pro­jet artis­tique menés par Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar avec des acteurs et actrices de la tran­si­tion agroé­co­lo­gique, de l’agriculture urbaine et de la réap­pro­pria­tion des can­tines, éd. Lorelei, 2026


Cet ouvrage ras­semble des entre­tiens au sujet de l’agriculture et de l’alimentation, réunis­sant des agro­nomes, ber­gers, cui­si­niers, culti­va­teurs, dié­té­ti­ciens, dis­tri­bu­teurs, éco­no­mistes, éle­veurs, for­ma­teurs, géo­graphes, maraî­chers, mili­tants du monde agri­cole, pay­sans, vignerons…
Leurs témoi­gnages ont été recueillis dans le cadre d’une enquête menée par deux artistes s’interrogeant en igno­rants curieux. Peut-on pro­duire une ali­men­ta­tion de qua­li­té tout en garan­tis­sant un accès éga­li­taire à celle-ci ? Comment favo­ri­ser une pro­duc­tion agri­cole à la fois res­pec­tueuse de l’environnement et viable pour les pay­sans ? Par quels moyens par­ta­ger et mettre en cir­cu­la­tion les expé­riences et les savoirs qui favo­risent cette approche de l’agriculture ? Ces ques­tion­ne­ments ont été abor­dés depuis trois champs de réflexions : la tran­si­tion agroé­co­lo­gique, le lien entre ville et agri­cul­ture, la réap­pro­pria­tion des cantines.
Les pro­pos col­lec­tés sont mis en regard d’une œuvre d’art par­ti­ci­pa­tive réa­li­sée à par­tir de cette enquête, et de pho­to­gra­phies qui docu­mentent les ter­ri­toires, les pay­sages et les lieux où s’inscrivent les acti­vi­tés des per­sonnes rencontrées.

Avec Christine Aubry, Anne Barbillon, Jean-Claude Balbot, Paula Becker, Jérôme Belly, Céline Boudy, Sarah Cohen, Étienne Davodeau, Valentin Deltreil, Julie Lou Dubreuilh, Michel Duru, Armand Duteil, Justine Esnault, Ludivine Floirac, Sandra Foltz, Laurent Fourgeaud, Matthieu Gauthier, Julia Girard, Sophie Imbert, Cécile Jallet, Marion Journet, Benoît Laperriere, Richard Leroy, Guillaume Leterrier, Aurélie Mansard, Jean-Marc Mouillac, Thibaud Pereira, Séverine Quencez, Marie-Hélène Robin, Florent Sebban, Christophe-Toussaint Soulard, Coline Sovran, Pierre Triboulet.

Conception gra­phique : Rovo (Gaëlle Sandré et Sébastien Dégeilh)
176 p., 23 × 30 cm
ISBN : 9791097872304 • 26 euros — Acheter


Florilège
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar
Florilège, éd. Lorelei, 2021


Florilège est consti­tué de pos­ters qui, pliés et reliés dans un cer­tain ordre, forment les pages d’un livre. Sur une des faces de chaque pos­ter appa­raissent des say­nètes pho­to­gra­phiques, pseu­do-docu­men­taires ou fic­tion­nelles, qui mettent en situa­tion des objets que nous avons créés ou col­lec­tés (des livres, une nappe, un cou­teau-bâton de marche, une affiche didac­tique, une tenue de camou­flage, etc.), au sein d’une cham­pi­gnon­nière, autour d’une table, dans une biblio­thèque, dans les réserves d’un musée et dans une école. De l’autre figurent des extraits de textes pro­po­sés en écho avec ces images, dont la concep­tion a été accom­pa­gnée par leur lec­ture. Les textes et les images offrent un aper­çu des dif­fé­rents axes de La Bibliothèque grise. Leur ordon­nan­ce­ment pro­pose un par­cours où il est ques­tion de livres, de péda­go­gie, de cham­pi­gnons, de nour­ri­ture, et des liens pos­sibles entre ces dif­fé­rents sujets.

Avec des extraits de textes de Florent Quellier, Julie Lou Dubreuilh et Guillaume Leterrier, Anna Lowenhaupt Tsing, Tim Ingold, Peter Handke, A.S. Neill, Robert Filliou et Ben Patterson, Paulo Freire, Alberto Manguel.
Conception gra­phique : Rovo
11 pos­ters pliés
59 × 42 cm (for­mat poster)
14 × 40,5 cm (for­mat livre)
Édité à l’oc­ca­sion de l’exposition
« La Bibliothèque grise, ch. 4 : Objets parlants »
à La Ferme du Buisson
ISBN : 978–2‑9555444–7‑1
50 €





Pelele et mondes à l’envers
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar (éd.)
El Pelele / Sacar a la vergüen­za / Mondes à l’envers, 2021


Ce livret réunit un ensemble de textes et d’images ayant trait aux repré­sen­ta­tions du Monde ren­ver­sé et aux fêtes ou rituels qui s’y rap­portent : car­na­val, cha­ri­va­ri, man­teo del pelele, etc. En s’attachant à la fois à l’histoire de l’art et à celle des tra­di­tions et des repré­sen­ta­tions popu­laires, les textes de Michel Cegarra, Lise Lerichomme et Martine Sadion abordent la sub­ver­sion des rôles sociaux et des rap­ports de genre, grâce à une ana­lyse de la cir­cu­la­tion et de la poro­si­té des repré­sen­ta­tions et de leurs signi­fi­ca­tions. Édités à l’occasion de la clô­ture de l’exposition « La Bibliothèque grise, ch. 4 : Objets par­lants » à la Ferme du Buisson, ces textes déve­loppent des ques­tion­ne­ments appa­rus au cours de cette expo­si­tion et qui pré­fi­gurent le « ch. 6 : Mondes ren­ver­sés ».

Textes de Michel Cegarra, Lise Lerichomme et Martine Sadion
Livret A5, 80 p.
Document en téléchargement


Digressions
Digressions #9
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar

éd. Captures, 2020


À l’occasion de l’ex­po­si­tion « La Bibliothèque grise – ch. : 4 Objets par­lants », la col­lec­tion « Digressions » des édi­tions Captures accueille un nou­vel opus pré­sen­tant La Bibliothèque grise à tra­vers la retrans­crip­tion d’une conver­sa­tion à plu­sieurs voix réunis­sant chercheur·euses, cri­tiques d’art, péda­gogues, agro­nomes et artistes. Ces paroles ont été recueillies lors de deux repas (l’un à Toulouse, l’autre à Montreuil) orga­ni­sés par Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar autour d’une nappe issue du pro­jet Plans de table, retrans­cri­vant par le des­sin et le texte une enquête sur la tran­si­tion agro-éco­lo­gique. Au fil des dis­cus­sions, et en écho aux plats ser­vis, les condi­tions de pro­duc­tion agri­cole sont mises en rela­tion avec les autres centres d’in­té­rêt qui tra­versent et consti­tuent La Bibliothèque grise, notam­ment l’é­di­tion, la péda­go­gie et la transmission.

Avec Michel Duru, Sandra Foltz, Nathalie Leleu, Lise Lerichomme, Cécile Poblon, Yvan Poulain et Marie-Hélène Robin.
Français / anglais
36 p. + cartes postales
21,5 × 13,5 cm
ISBN : 978–2‑491549–05‑3
6 € — Acheter


La Réserve — digest
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar
La Réserve — digest
éd. Lorelei, 2019


Cette édi­tion a été pen­sée et conçue d’après le film La Réserve, une fic­tion docu­men­taire éla­bo­rée à par­tir d’objets édu­ca­tifs et péda­go­giques. Mobilier sco­laire, maté­riel didac­tique ou édu­ca­tif, objets de trans­mis­sion du savoir, jeux et jouets, publi­ca­tions péda­go­giques et tra­vaux d’élèves peuplent les rayon­nages et les tiroirs plans du Munaé (Musée National de l’é­du­ca­tion à Rouen), selon un ordon­nan­ce­ment qui asso­cie un clas­se­ment typo­lo­gique et un ran­ge­ment déter­mi­né par les contraintes de pré­ser­va­tion. L’histoire de l’éducation et de l’enseignement, aus­si bien sco­laire que para-sco­laire, se des­sine en jux­ta­po­sant pêle-mêle les approches les plus tra­di­tion­nelles et les péda­go­gies dites « actives » ou « alternatives ».
Au cours de cette tra­ver­sée des réserves, la camé­ra croise des agents du musée vaquant à leurs occu­pa­tions pro­fes­sion­nelles, trans­por­tant et mani­pu­lant des objets, et des enfants pré­sents dans ce lieu comme par effrac­tion. Ces der­niers s’adonnent à diverses acti­vi­tés : lire, jouer, man­ger, etc. Leurs actions resi­tuent les objets de la col­lec­tion dans leurs fonc­tions initiales.
S’il appa­raît au départ que les enfants évitent les employés, et que ces der­niers prennent conscience de leur pré­sence sans par­ve­nir à les voir, leurs com­por­te­ments et leurs actions se conta­minent au fur et à mesure du film. Dans cette publi­ca­tion, les écrits et les images témoignent de réflexions sur la péda­go­gie et sur la lec­ture. Ils pro­longent ain­si les textes lus en voix off par cer­tains pro­ta­go­nistes du récit.

32 p.
26,9 × 19,8 cm
ISBN : 978–2‑9555444–4‑0
8 €





Un livres
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar
Un livres, éd. Lorelei, 2018


Un livres agence des fac­si­mi­lés et retrans­crip­tions d’ou­vrages avec les pho­to­grammes d’un film absent, retra­çant le par­cours d’une jeune femme qui tra­verse plu­sieurs biblio­thèques où elle est témoin de situa­tions de lec­ture. D’une biblio­thèque jeu­nesse à une biblio­thèque domes­tique en pas­sant par une biblio­thèque d’é­tude et une biblio­thèque patri­mo­niale, elle col­lecte des élé­ments en vue de consti­tuer une édi­tion dont on com­prend pro­gres­si­ve­ment qu’elle n’est autre que ce livre lui-même. Le rap­pro­che­ment des dif­fé­rents maté­riaux col­lec­tés met en rela­tion péda­go­gie (John Dewey, Robert Filliou et Benjamin Patterson, Célestin Freinet, A.S. Neill et Summerhill, Rudolf Steiner, etc.), his­toire de l’édition (Jules Maciet, Alberto Manguel, his­toire du col­por­tage, etc.) et pra­tiques de lec­ture (Marielle Macé, entre autres), selon un prin­cipe antho­lo­gique fami­lier des « recueils fac­tices ». Ce terme de biblio­thé­co­no­mie désigne des ouvrages qui résultent de l’assemblage sous une même reliure de pièces diverses trai­tant d’un même sujet, selon un usage attes­té de l’époque médié­vale à nos jours, et par­ti­cu­liè­re­ment fré­quent au XVIIe-XVIIIe siècle. Un livres peut se lire comme un recueil fac­tice com­po­sé à l’ère du numérique.

Design gra­phique : Ana Crew
184 p.
24 × 16 cm
Édité à l’oc­ca­sion de l’exposition
« La Bibliothèque grise, ch. 2 : La Réserve »
au BBB centre d’art
ISBN : 978–2‑9555444–1‑9
25 €





f‑u-t-u-r‑e‧org
Ensemble de textes publié sur le site www.f‑u-t-u-r‑e.org à l’i­ni­tia­tive de Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar, en écho à La Bibliothèque grise :

- Géraldine Gourbe, « La péda­go­gie d’Other Ways par Allan Kaprow et Herbert Khol, au cœur d’un contexte contre-cultu­rel » [Lire]
— Marie-Dominique Leclerc, « Lire, écrire, comp­ter avec la Bibliothèque bleue » [Lire]
— Éloïsa Pérez, « Écrire l’espace : sur la spa­tia­li­sa­tion des savoirs dans la salle de classe et le manuel sco­laire » [Lire]
— Andrew Stauffer, « Ériger les livres au rang de témoins his­to­riques », entre­tien avec Alexandru Balgiu, Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar, rééd. à venir in Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar (dir.), La Lecture col­lec­tive, une his­toire incom­plète, éd. Lorelei, 2027.
— Araceli Tinajero, « Cigar Factory Readers in Cuba », rééd. à venir in Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar (dir.), La Lecture col­lec­tive, une his­toire incom­plète, éd. Lorelei, 2027.

Les Quatre fils Aymon — Prospectus
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar
Les Quatre fils Aymon — Prospectus
éd. CAC Passages, 2015


Ce livre à double entrée — l’une dis­si­mu­lée dans l’autre — fait office de pro­logue à La Bibliothèque grise [voir éga­le­ment « La Bibliothèque grise, pro­logue : Book people »].
Le col­por­tage lit­té­raire du XVIIe au XIXe siècle, et plus par­ti­cu­liè­re­ment le phé­no­mène de la Bibliothèque bleue troyenne et rouen­naise, a été le point de départ de ce pro­jet édi­to­rial, en réponse à une invi­ta­tion du centre d’art contem­po­rain Passages à Troyes. Du XVIIe au XIXe siècle, le col­por­tage s’attira à divers degrés la sus­pi­cion des pou­voirs poli­tiques, méfiants envers la libre cir­cu­la­tion des idées et des col­por­teurs. L’itinérance, le pou­voir éman­ci­pa­teur des livres, les condi­tions spa­tiales de la pen­sée, sont jus­te­ment quelques motifs mis en rela­tion par l’anthologie de textes conte­nue dans cet ouvrage. Intitulée Prospectus, au sens pre­mier de ce terme — c’est-à-dire à l’instar des bro­chures impri­mées avant la paru­tion d’un livre pour en faire connaître le conte­nu —, cette antho­lo­gie pros­pec­tive visait à intro­duire les pistes de recherche de La Bibliothèque grise, dont les pre­miers jalons ont été posé lors de cette expo­si­tion. Elle prend place de façon inter­sti­tielle et para­si­taire au sein d’un autre ouvrage, foyer de cette col­lecte : Les Quatre fils Aymon, un roman de che­va­le­rie médié­val nar­rant la rébel­lion d’une fra­trie de quatre bar­rons contre le roi Charlemagne. Le tra­vail de réédi­tion de l’ensemble de ces textes, depuis leur choix jusqu’aux opé­ra­tions de mise en livre, a été conçu comme une manière de lire. Le sys­tème de façon­nage et de reliure de la publi­ca­tion, évo­quant divers moments de l’histoire du livre (depuis la Bibliothèque bleue jusqu’au livre de poche), offre au lec­teur des tranches fer­mées, qu’il lui faut décou­ron­ner afin d’accéder aux deux strates de texte de cette publi­ca­tion. Mais lors de cette opé­ra­tion, le lec­teur s’apercevra que les textes consti­tuant Prospectus obli­tèrent une grande par­tie des Quatre fils Aymon. Ce récit est l’un des prin­ci­paux titres de la Bibliothèque bleue, maintes fois réédi­té et abon­dam­ment rema­nié par les édi­teurs-impri­meurs au cours des siècles. L’évolution du texte tra­duit autant des impé­ra­tifs éco­no­miques (par exemple lorsqu’il est réduit par des opé­ra­tions de syn­thèse ou de coupe) que l’évolution de sa récep­tion et de ses inter­pré­ta­tions. Marie-Dominique Leclerc his­to­rienne du livre, explique dans la pré­face à cette réédi­tion que « le suc­cès de l’Histoire des quatre fils Aymon tient sans doute à une plu­ra­li­té de lec­tures poten­tielles » : diver­tis­se­ment, inté­rêt his­to­rique ou biblio­phi­lique, modèle moral ou au contraire objet de déni­gre­ment, et enfin, plus mar­gi­na­le­ment, sup­port idéo­lo­gique ou poli­tique. C’est la fécon­di­té de ces mul­tiples lec­tures d’une part, l’histoire du col­por­tage d’autre part, et enfin l’exagération de son inter­pré­ta­tion poli­tique, qui ont mené à le choi­sir comme struc­ture — et comme leurre — pou­vant accueillir un énon­cé pros­pec­tif des enjeux de La Bibliothèque grise.

Préface de Marie-Dominique Leclerc
112 p., 20 × 13 cm
Reliure : Véronique Van Mol
Édité à l’oc­ca­sion de l’exposition
« La Bibliothèque grise, pro­logue : Book people », au CAC Passages, Troyes
20 ex. + 2 édi­tions d’artiste.


à paraître

Lecture col­lec­tive, une his­toire incomplète
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar (dir.)
Lecture col­lec­tive, une his­toire incom­plète,
édi­tions Lorelei
Avec Alex Balgiu, Fabrice Bensimon, François Jarrige, Alberto Manguel, Fabienne Soldini, Andrew Stauffer, Araceli Tinajero.


La lec­ture est sou­vent consi­dé­rée comme une pra­tique soli­taire, où la sin­gu­la­ri­té du lec­teur et de l’au­teur entrent vir­tuel­le­ment en rela­tion. En maintes occa­sions, lire est pour­tant une situa­tion qui implique simul­ta­né­ment plu­sieurs indi­vi­dus, ce qu’il s’a­git ici d’ob­ser­ver à tra­vers l’in­ven­taire de pra­tiques col­lec­tives issues de contextes cultu­rels et lin­guis­tiques divers.
Ces pra­tiques sus­citent aujourd’­hui l’en­thou­siasme, comme en atteste la mul­ti­pli­ca­tion des « arpen­tages » et cercles de lec­ture dans le champ de l’é­du­ca­tion popu­laire et de l’art contem­po­rain, ou encore les expé­riences menées par des com­mu­nau­tés de lec­ture en ligne. Cet engoue­ment est appuyé par des recherches en his­toire, lit­té­ra­ture ou socio­lo­gie, renou­ve­lant notre com­pré­hen­sion des pra­tiques lectorales.
Ce livre ne vise pas l’ex­haus­ti­vi­té mais témoigne de recherches récentes et de cas sin­gu­liers pour les­quels la rela­tion de soi aux autres qu’in­duit la sub­jec­ti­va­tion par la lec­ture ne se fait pas de façon vir­tuelle, mais de manière tan­gible. La force du groupe ou de la com­mu­nau­té pro­duit alors des usages et des formes d’ap­pro­pria­tions inédites, objets des textes réunis.
Ceux-ci concernent la figure du lec­teur (A. Manguel), la lec­ture dans les ate­liers ouvriers du 19e siècle (F. Bensimon et F. Jarrige), la lec­ture orale dans les fabriques de cigares à Cuba (A. Tinajero), la pra­tique d’é­du­ca­tion popu­laire de l’ar­pen­tage (J. Dupeyrat/L. Sfar), la socia­bi­li­té qui se des­sine dans les marges de livres (A. Stauffer) et les com­mu­nau­tés lec­trices en ligne (F. Soldini). À ces contri­bu­tions s’a­joute un essai visuel expo­sant un cor­pus de figures de la lec­ture col­lec­tive (J. Dupeyrat/L. Sfar).
Le monde ren­ver­sé. Politiques du carnaval
Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar (dir.)
Politiques du car­na­vals, édi­tions Tombolo
Avec Avec Sylvie Chalaye, Sara Selma Dolorès et Bastien Poncelet, Aurélie Godet, Patricia Heiniger-Casteret, Blodwenn Mauffret, Monika Salzbrunn, Taupe, Sacha Todorov


Le car­na­val est un phé­no­mène au cours duquel les normes éta­blies se voient sub­ver­ties par des rituels et des figures d’in­ver­sion qui troublent les caté­go­ries de genre, per­turbent les rap­ports de classe, déjouent les pré­ju­gés raciaux, et nous invitent à repen­ser la domi­na­tion des humains sur le reste du vivant. Pour autant, cette spé­cu­la­tion d’un monde ren­ver­sée n’é­chappe pas aux sté­réo­types sociaux, et n’a réel­le­ment libre cours que pen­dant un temps conve­nu — le plus sou­vent au sein d’un calen­drier qu’a impo­sé la reli­gion chrétienne.
Si cer­tains voient dans ces inver­sions car­na­va­lesques une invi­ta­tion à la révolte, d’autres y lisent un simple méca­nisme de régu­la­tion sociale. Le car­na­val agi­rait comme une sou­pape per­met­tant aux domi­nants de cana­li­ser les vel­léi­tés de contes­ta­tion, avant un retour inévi­table à l’ordre établi.
Cette ambi­va­lence ali­mente de nom­breuses réflexions sur les fon­de­ments du réper­toire car­na­va­lesque, mais elle est peut-être trop res­tric­tive pour appré­hen­der la dimen­sion poli­tique et sociale du car­na­val dans toute sa poly­sé­mie. Rechercher l’ef­fi­cience poli­tique du car­na­val en se foca­li­sant sur son dénoue­ment, conduit à man­quer ce qui se joue poli­ti­que­ment et socia­le­ment tout au long de sa pré­pa­ra­tion, de son dérou­le­ment et de ses suites.
Cet ouvrage rend compte de ces contro­verses sin­gu­lières à tra­vers huit entre­tiens menés auprès de chercheur·euses et carnavalier·es, une ico­no­gra­phie accom­pa­gnant leur parole, ain­si que la trans­crip­tion du pro­cès de Sent Pençard lors du Carnaval Biarnés 2026 à Pau. De Bruxelles à la Nouvelle Orléans, de Cologne à Cayenne, Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar ques­tionnent la por­tée poli­tique des tra­di­tions car­na­va­lesques en s’ap­puyant sur leurs propres obser­va­tions par­ti­ci­pantes à divers car­na­vals (Bruxelles, Cologne, Dunkerque, Marseille, Pau, Plazac…).